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Le Tourisme de sens au service
du bien-être et de la santé

Interview

Isabelle BLIN – Gîte les Petites Herbes17

Bonjour Isabelle, vous êtes l’heureuse propriétaire du gîte « Les petites herbes », pouvez-vous nous présenter votre structure en quelques mots ?
Notre gîte est implanté à Paisy-Cosdon, dans l’Aube. Il a été créé en 2015. Nous pouvons accueillir jusqu’à 8 personnes. Nous avons souhaité offrir à nos hôtes une prestation de qualité avec quelques touches de luxe, mais accessible à tous. Nous nous sommes, par exemple, dotés d’une piscine intérieure.
Mon mari est agriculteur, président du groupe du développement agricole. Je suis infirmière. Nous sommes partis dans cette aventure touristique afin de rester dans la rencontre et le partage avec autrui. Nous avons choisi de vivre dans la ruralité, au plus proche de la nature, mais nous souhaitions conserver ce contact. Nous sommes donc tous les deux actifs, ce qui implique une organisation particulière. Nous travaillons beaucoup l’accueil en amont du séjour pour identifier les besoins de nos hôtes. Ont-ils besoin, par exemple, que nous leur fassions livrer leurs courses ?
En revanche, une fois sur place, nous les laissons assez libres : ils sont chez eux. Nous avons fait le pari de faire confiance.  Nous ne recomptons pas les petites cuillères avant qu’ils partent. Il n’est pas rare qu’ils laissent la clé en partant.

Vous avez très vite fait le choix de vous orienter vers le tourisme de sens, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
Notre projet initial d’accueil touristique offrait déjà un cocon pour qui souhaite se déconnecter, se retrouver au calme, avec ses proches.
En tant qu’infirmière, j’ai par ailleurs constaté qu’il existe très peu de structures offrant une prise en charge globale de la personne. On s’occupe d’une jambe, d’un foie mais le reste … Comment prendre soin de sa santé, de son alimentation ?  Comment identifier ce dont on a besoin (activité physique, relaxation) ? Ces questions restent souvent sans réponse.
Or un patient ne se résume pas à sa pathologie ou à un parcours de soin. Il se questionne fréquemment sur comment reprendre le cours d’une vie normal, comment programmer ses vacances, notamment.
Par ailleurs, nous avions un taux de remplissage à améliorer en semaine. La clientèle touristique « classique » réservant plus fréquemment les week-ends ou durant les vacances scolaires.
Nous avons donc pensé proposer notre gîte aux locaux. L’idée est simple : inutile d’aller à l’autre bout du monde ou de partir 15 jours pour se reposer, se déconnecter. Une journée, près de chez soi, suffit !
Au point de départ, nous avons proposé une journée par mois et nous avons eu la jolie surprise de voir que des personnes de tout le département venaient. Nous sommes donc très vite passés à deux, puis à quatre journées par mois.
Aujourd’hui, soit 4 ans après, nous proposons huit journées par mois. Ces journées sont ouvertes à un public ciblé : personnes en fragilité, isolées, jeunes retraités, convalescents, personnes en arrêt maladie de longue durée, souffrant de maladies chroniques… Deux journées sont réservées aux personnes concernées par un parcours de soin en cancérologie (pendant ou après traitement). C’est pour ces personnes un espace libre de parole, un moment où le groupe peut être soutien. Durant cette journée, chacun peut se sentir libre : libre d’enlever sa perruque, de se baigner sans maillot de bain adapté…

Pouvez-vous nous décrire une journée type ? 
Nous proposons bien évidemment un accueil qui permet à chacun de se restaurer, de visiter la maison, d’avoir un rappel des règles de vie (confidentialité, liberté, écoute). L’idée est que chacun se sente comme à la maison ; rien à voir avec une institution telle que certains peuvent les connaître.Le matin est consacré aux ateliers physiques adaptés. Je me suis entourée de 3 professeurs qui proposent des conseils préventifs, des exercices (équilibre, étirement, pilate, marche nordique) et d’un maitre-nageur pour des cours d’aquagym. Le repas est bien évidemment géré par un traiteur local.
L’après-midi est consacrée à deux ateliers : l’un axé sur la relaxation (sous toutes ses formes : danse, musique, sophrologie, yoga), l’autre à une initiation aux soins esthétiques (modelage, massage).
L’objectif de la journée est avant tout que chacun apprenne à prendre soin de soi, une sorte de boite à outils pour son bien-être. Nous proposons également une journée par mois dédiée à la créativité et à l’art.

Comment avez-vous fait pour construire ce projet ? Quels partenaires avez-vous mobilisés ?
Pour soutenir le développement de ces journées, nous avons créé une association qui bénéficie du soutien de l’ADMR (Aide à Domicile en Milieu Rural), de la conférence des financeurs, du fond de développement de la vie associative et de l’agence régionale de la santé avec qui nous partageons l’ambition de donner à chacun le pouvoir d’être acteur de sa santé. Nous croyons vraiment en la notion de prévention.
Ce type de soutiens nous assure également une visibilité, notamment sur le site « bien vieillir dans l’aube ».

Quelles ont été les difficultés rencontrées, les freins à lever ?
Le montage financier du projet a été le plus compliqué. Notre banque n’étant pas convaincue par un projet de gîte en ruralité, qui plus est accessible et avec des prestations de confort, ce qui nécessite inévitablement un investissement conséquent. Notre profil a également surpris à l’époque, le centre de gestion ayant plutôt l’habitude de voir de jeunes retraités se lancer dans ce type de projets.
Néanmoins, il nous semblait essentiel d’aller jusqu’au bout de notre projet, avec son identité et son positionnement.

Et demain ?
Aujourd’hui notre clientèle est fidèle, elle revient avec sa famille et parents séniors, pour des vacances en proximité, par exemple. Mais nous avons conscience qu’il nous faut travailler notre communication et notre commercialisation afin d’optimiser la mise en valeur de notre concept. Nous aimerions aussi envisager le réaménagement d’une grange pour proposer un espace de coworking et d’accueil de groupe.

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